L’Assemblée Générale Ordinaire de la CHD qui s’est déroulée le 22 mai dernier au siège de Première Urgence Internationale a réunit plus d’une quarantaine de personnes représentant nos 40 membres.

CHD FLYER 2017

Après la présentation du Rapport moral 2016 par nos Présidents, a eu lieu un débat avec la salle et le rapport a été voté à l’unanimité. Le PV de l’AG sera prochainement mis en ligne.

La présentation du Rapport financier 2016 faite par notre Trésorière a été également  voté à l’unanimité. Un point d’information est fait sur le budget prévisionnel de 2017 et le nouveau projet des barèmes de cotisations de Coordination SUD pour les années 2018 à 2020 évoqué.

Photo: Au fond de gauche à droite le Bureau de la CHD: Anne PANEL, Xavier BOUTIN, Alain BOINET et Thierry MAURICET.

CHD COMPTE DE RESULTAT 2016 AGO 2017

CHD BILAN 2016 AGO 2017

CHD BUDGET PREV 2017 CA 30 11 2016

Election du Conseil d’Administration :

Lors des élections des Administrateurs de la CHD, Amal ABOU EL GHAYT  représentante du Secours Islamique France a été élue à l’unanimité au CA de la CHD.Découvrir sa Biographie.

Les 3 autres Administrateurs sortants, Joelle SICAMOIS, Thierry MAURICET et Olivier ALLARD, ont été reconduits à l’unanimité également.

Présentation des 5 Groupes de travail de la CHD:

  • Groupe ONG supports

Présentation de la création du nouveau Groupe « ONG supports » par Martin NOBLECOURT de CARTONG (Au centre sur la photo). Ce nouveau Groupe de la CHD s’est constitué le 27 février 2017 avec : CartOng, Aviation Sans frontières, Résonances Humanitaires et La Voûte Nubienne. La genèse de ce Groupe est partie du principe que de nouveaux acteurs se sont professionnalisés ces dernières années sur des thématiques transversales mais essentielles de la réponse humanitaire : ressources humaines, logistique, gestion de l’information, construction, etc.

Ces acteurs engagés auprès de leurs partenaires participent à la qualité, la durabilité et l’innovation de l’action humanitaire. Ils lancent ce groupe de travail afin d’améliorer leur reconnaissance, la compréhension de leurs modes d’action et pour travailler ensemble sur leurs défis communs. Des actions spécifiques seront menées par le Groupe afin de défendre leurs approches dans la coordination.

  • Groupe Enfance

Quelques mois après l’évènement commun, Objectif Enfance, le Groupe Enfance de la CHD a organisé une réunion ouverte à la suite de laquelle plusieurs ONG ont souhaité devenir membres, si bien que le groupe réunit aujourd’hui 13 ONG membres : Apprentis d’Auteuil, Aviation sans frontières France, La Chaîne de l’Espoir, Coordination Humanitaire et Développement, Clowns Sans Frontières, ECPAT France, Enfants Sans Frontières, Planète Enfants & Développement, Plan international France, Secours Islamique France, Solidarité Laïque, SOS Villages d’Enfants France, Vision du Monde France, quasiment toutes membres de Coordination SUD et/ou de la CHD.

Ces ONG de terrain partagent la conviction que la convention des droits de l’enfant est un cadre légal mais aussi opérationnel qui mérite d’être mieux compris et utilisé notamment dans les pays où elles interviennent. L’évènement Objectif Enfance l’a illustré en novembre dernier, la CDE est en effet un levier puissant de développement, notamment pour atteindre les Objectifs de Développement Durable. Mais dans le secteur français de la solidarité internationale, elle reste mal comprise et sous-exploitée. Partant de ce constat, les ONG membres se sont réuni début 2017 et ont décidé d’agir ensemble sur le long terme pour que la France (société civile et pouvoirs publics) contribue mieux et plus à l’effectivité des droits de l’enfant dans le monde et en particulier dans les pays les moins avancés. Des démarches sont actuellement engagées afin de définir les actions du Groupe et les moyens pour les réaliser.

Présentation des avancés du Groupe par Matthieu DE BENAZE, Responsable des programmes internationaux de SOS Villages d’Enfants France.

  • Groupe Chirurgie

Depuis la dernière AG de la CHD, le groupe chirurgie s’est élargi avec l’arrivée récemment de l’association ALIMA avec le docteur Richard Kojan. Il regroupe actuellement : Chirurgie Solidaire, Médecins Du Monde,  Médecins Sans Frontières, La Chaîne de l’Espoir, HumaniTerra, Gynécologie Sans Frontières, Alima, Les Enfants de l’Aïr, l’Ordre de Malte et l’Académie de Chirurgie.

Présentation du Groupe Chirurgie par Xavier DUFRENOT Directeur d’HumaniTerra (Photo à gauche). Une enquête récente a montré que chaque association trouve important de continuer à travailler ensemble, « car c’est groupés que l’on pourra faire avancer les choses. Mais il faut définir les points convergents pour lesquels il y a nécessité de travailler en commun pour ne pas être redondant et pour avoir un impact plus fort » (Bruno Salazard / HumaniTerra).
Le lobbying et le plaidoyer auprès des institutions est incontournable pour continuer à se développer et trouver des financements adéquats.

  • Groupe Formation et Insertion Professionnelle

Les objectifs du Groupe ONG FIP sont d’approfondir des sujets liés à ses actions de Formation et Insertion Professionnelle et de produire des outils pratiques utilisables par tout acteur en FIP et accessibles librement sur www.entreprendreausud.org , autour de 3 sujets définis ensemble :

Les conseillers d’insertion des jeunes :  une note pratique est disponible sur le lien iciLe suivi et la mesure de l’insertion des jeunes : Une note pratique, un questionnaire d’enquête et une grille d’indicateurs sont disponibles. Ces productions sont disponibles sur le lien iciDéploiement tests dans 3 pays et retour d’expérience. L’entreprenariat des jeunes est aussi un sujet en cours.

Photo : à gauche Astrid Desjobert, Coordinatrice de programme IECD – Graines d’Espérance.

  • Groupe de travail « Accès Humanitaire et Système Bancaire »

Aujourd’hui il est extrêmement complexe voire parfois impossible de transférer les fonds nécessaires à la mise en œuvre des projets d’aide humanitaire vers les pays sous embargos et/ou sous sanctions financières, alors que des crises humanitaires s’y déroulent. Il arrive même que ces normes de conformité s’étendent à des Etats tiers non concernés par un régime de sanctions internationales, mais situés dans des zones considérées comme à risque.

Pourtant afin de transférer les fonds nécessaires à la mise en œuvre de l’aide humanitaire dans ces pays, les ONG basées en France ont besoin de recourir au système bancaire français. Cependant compte tenu des blocages liés à une interprétation excessive des règles de conformité par certaines banques, elles sont de plus en plus souvent dans l’obligation de demander à leurs personnels de procéder à l’acheminement physique et en numéraire des fonds nécessaires à la poursuite des projets d’aide. 

Alors que ces transferts d’espèces limitent les capacités d’action des ONG et font encourir de lourds risques sécuritaires à leurs personnels. Ceci constitue un frein à l’accès aux populations, c’est pourquoi Thierry MAURICET (A droite sur la photo) dans le cadre de la CHD propose de constituer un Groupe de travail afin de déterminer les actions à mener rapidement afin d’engager ce dialogue. Une première réunion se déroulera en septembre prochain, une dizaine d’ONG Humanitaires se réuniront pour démarrer ce Groupe au siège de la CHD.

Candidature au Conseil d’Administration de Coordination SUD:

Candidate à l’élection du CA de Coordination SUD lors de l’AG du 15 juin prochain, Marie AARNINK est venue se présenter aux membres de la CHD. Elle est Responsable Administratif et Financier des programmes Afrique d’Acting For Life et… En savoir plus.

Photo à Gauche Emilie VALLAT Directrice d’ECPAT France et à droite Marie AARNINK d’Acting For Life.

– La paix et la sécurité comme objectifs de développement –

Introduction du sujet par Alain BOINET, Fondateur de Solidarités International.

Jean-Bernard VERON, invité de la CHD : Intervention sur les stratégies de l’aide dans le cadre des situations de Post Crises, de (re)construction de la paix et de la sécurité. L’objectif de l’aide doit être au cœur des finalités qu’elle se donne et oriente au moins une partie de ses interventions vers le traitement des causes de tensions et de crises susceptibles déboucher un jour ou l’autre de nouveau sur des situations de violence et de conflit.

 

Voir la Biographie de Jean Bernard VERON…

Quelques éléments de son intervention:

1- Points d’entrée

* Objectif : L’emploi de ce terme sous-entend :

– d’une part, une finalité donnée au développement, comme autrefois les OMD (services de base et réduction de la pauvreté, entre autres) et aujourd’hui les ODD (environnement et solidarité internationale) ;

– d’autre part, une relation de cause à effet entre les deux termes, ce qui signifie que le développement est susceptible de produire de la paix et de la sécurité.

C’est donc là une nouvelle finalité attribuée au développement et, par extension, à ce qui contribue au développement, y compris l’aide du même nom.

* Définitions: Pour faire court, la paix est l’absence de conflit armés et, en élargissant le champ de raisonnement, l’absence de tensions assez fortes pour générer de tels conflits.

La sécurité, au sens strict, est l’absence de menaces sur les personnes et les biens.

2- Raisonnements sous-jacents

* C’est d’abord l’idée qu’il ne saurait y avoir de développement sans paix et ni sécurité, et ce en raison :

– des destructions causées par les conflits ;

– des affectations de ressources publiques vers le financement d’opérations militaires et l’appareil sécuritaire, le tout aux dépens des autres missions de l’Etat ;

– de l’attentisme des investisseurs et, par voie de conséquence, de l’impact négatif que cela a sur les activités économiques et le financement des capacités de production ;

– etc…

* Plus largement, le raisonnement est fondé sur une relation bijective de cause à effet :

– le sous-développement et les frustrations qu’il engendre menacent la paix/sécurité ;

– et donc le développement, qui est supposé réduire ces frustrations, est producteur de paix et de sécurité.

* Cette approche a été initialement portée par le DFID (cf. les Conflict Prevention Pools des années 1990 et 2000), avant qu’il ne se recentre sur la résilience.

Mais elle a été reprise par la Banque mondiale, donc avec une audience et une capacité d’influence nettement plus importantes, dans le World Development Report 2011, qui y adjoint la thématique des « Etats fragiles ».

3- L’actualité de la question

Pourquoi faudrait-il donner au développement (et donc aux acteurs qui y contribuent) cette nouvelle finalité ?

Il y a à cela deux séries de réponses.

* Les premières sont que la paix et la sécurité :

– permettent de satisfaire un certain nombre de besoins humains fondamentaux, y compris et en particulier l’absence de menaces sur les personnes ;

– créent un contexte a priori plus favorable au développement que les conflits et l’insécurité.

* Ce à qui s’ajoutent dans la période actuelle :

– la durée de certaines situations de conflit/insécurité (cf. Somalie, Irak, Afghanistan, RDC, Philippines, Colombie, Nigeria/Boko Haram, Pakistan dans les WATA, Soudan, voire Sri Lanka) ;

– le fait que les dites situations rentrent dans la catégorie des guerres civiles (même si débordements régionaux ou internationaux) dans des pays peu ou pas développés, et n’ont pas grand-chose à voir, sauf rares exceptions, avec les guerres interétatiques classiques qui, elles n’épargnaient pas les pays développés.

* Ce dont on tend à déduire, mais parfois trop mécaniquement, qu’il y a ou qu’il y aurait, aujourd’hui, une relation entre conflictualité et déficiences de développement.

3- Les impacts négatifs (en termes de paix et de sécurité) de l’absence et/ou de la faiblesse du développement

* C’est un Etat financièrement et techniquement insuffisamment capable d’exercer ses missions :

– régaliennes (défense du territoire national, détention du monopole de la force légitime, protection des personnes et des biens) ;

– de délivrance de services aux populations (eau, santé, éducation) ;

– de soutien des activités économiques (infrastructures et équipements, par exemple dans les domaines des voies de communication ou de la fourniture d’électricité).

* Ce sont des populations :

– mécontentes de leur situation du fait de ces déficiences de l’Etat ;

– et donc mettant en cause la légitimité du pouvoir politique qui contrôle l’appareil d’Etat, et ce jusqu’à vouloir le renverser.

* Ce sont également les désajustements entre offre et demande de travail (de revenus), d’où :

– chômage et sous-emploi comme nids de pauvreté ;

– recherche d’activités alternatives qui peuvent menacer la paix et la sécurité (cf. trafics de toutes sortes, depuis la contrebande jusqu’aux filières de drogues illégales) ;

– main d’œuvre disponible pour des acteurs politiques dont l’action met en danger la paix/sécurité (cf. Jeunes Patriotes en Côte d’Ivoire, recrutement par des mouvements djihadistes au Mali, en Somalie, dans le nord du Nigeria, etc).

4- Et donc, à rebours, les impacts positifs du développement dans la mesure où il traite certaines de ces causes susceptibles de déboucher sur des conflits

* Il génère des ressources financières pour l’Etat et en améliore les compétences techniques :

– ce qui lui permet de mieux exercer ses missions ;

– et, partant, de mieux asseoir la légitimité du pouvoir politique qui le contrôle.

* Il est porteur de croissement économique :

– qui crée des emplois et des revenus ;

– qui améliore la situation matérielle des populations.

5- Quelques bémols toutefois

* C’est sans doute moins la pauvreté qui est créatrice de ressentiments générateurs de tensions, lesquelles peuvent menacer la paix/sécurité :

– que l’existence (et leur perception) d’inégalités horizontales (par opposition aux inégalités verticales, dites de classe) qui frappent certaines communautés dans un pays donné ;

– inégalités qui peuvent être aggravées et/ou manipulées sur des bases ethniques, religieuses, régionales.

Or, dans les faits, le développement est plutôt producteur d’inégalités (cf. les pays émergents comme la Chine, le Brésil, l’Afrique du Sud, la Colombie, où le coefficient de Gini, qui mesure les inégalités dans la distribution des revenus, est très élevé).

* A ceci s’ajoute que les menaces contre la paix/sécurité peuvent avoir des causes sans guère de lien avec le niveau ou le rythme de développement (cf., par exemple, les affrontements entre sunnites et chiites dans les pays de religion musulmane au Moyen Orient et en Asie centrale).

Mais il est vrai que ces causes-là peuvent être renforcées lorsqu’il y a des inégalités de développement entre les communautés qui s’affrontent (par exemple les Hazaras chiites en Afghanistan sont également les plus pauvres et les plus délaissés par l’Etat, tout comme les sunnites en Syrie, les Hutu au Burundi, les populations islamisées dans le nord de la Côte d’Ivoire).

6- Et quid de l’aide au développement dans cette problématique ?

La question se pose d’autant plus que la mission de l’aide est de participer au financement du développement dans les pays où elle intervient, pays souvent confrontés à des situations mettant en péril la paix et la sécurité.

* En négatif, l’aide peut effectivement produire du développement, mais sans impact notable sur la paix et la sécurité :

– tel est le cas de l’Afghanistan (en tête des bénéficiaires de l’aide à l’aune des financements mobilisés), où plusieurs indicateurs de développement humains se sont améliorés depuis 2001, sans que le pays soit sorti de la guerre ;

– tel l’est également de l’Irak qui rebascule aujourd’hui dans la guerre civile, alors qu’il a été le récepteur d’une aide très importante après la chute de Saddam Hussein, ou encore, à une échelle plus modeste, de la RDC).

* Cela étant, une aide bien réfléchie peut produire l’un et l’autre dans le cadre de stratégies que l’on peut qualifier de duales, c’est-à-dire :

– qui ciblent le développement économique et social, conformément à sa finalité ;

– tout en s’efforçant de traiter, dans le champ d’action qui lui est dévolu, certaines causes productrices de tensions susceptibles de menacer la paix et la sécurité.

* Quelques illustrations

Un des cas les plus remarquable est celui de l’éradication de la filière des opiacés (avec ses conséquences négatives en termes de mafia, de violence, de mouvements insurgés, de déliquescence de l’Etat) dans le nord de la Thaïlande, au prix de quatre décennies de développement, d’abord dans le financement de cultures alternatives à celle du pavot, puis de création d’industries de transformation des produits des dites cultures afin d’accroître la valeur ajoutée locale, sans omettre les investissements dans les domaines des infrastructures, de la santé et de l’éducation .

Plus modestement et en ce qui concerne l’AFD, on peut mettre en avant :

– les programmes dits d’hydraulique pastorale au Tchad ;

– certains projets de la FISONG crise/sortie de crise, notamment au Tchad au profit de populations vivant à la périphérie de camps de réfugiés accueillant des Centrafricains ;

– la nouvelle stratégie du Département MED, qui met à juste titre l’accent sur la création d’emplois ;

– les programmes d’intégration au profit de populations déplacés en milieu urbain par la violence en Colombie (cf. le projet Metrocable à Medellin).

7- En guise de conclusion (modestement provisoire)

L’aide n’est pas/n’est plus le principal financier du développement.

Elle est en quête de nouvelles finalités qui donneraient sens à son action.

Elle peut être efficace (mais pas toujours) en participant aux stratégies de construction de la paix et de la sécurité.

Elle doit pour cela mettre cet objectif au cœur des finalités qu’elle se donne.

Ce qui suppose qu’elle oriente au moins une partie de ses interventions vers le traitement des causes de tensions et de crises susceptibles déboucher un jour ou l’autre sur des situations de violence et de conflit.