Apprentis d’Auteuil

Afin de porter la voix des jeunes et des familles et de sensibiliser à la cause des droits de l’enfant, Apprentis d’Auteuil s’engage dans un dialogue constructif avec les pouvoirs publics, prend la parole dans les médias et s’associe à d’autres acteurs de la société civile.

Enfin, parce que la lutte contre l’exclusion et les discriminations nous tient à cœur, nous nous inscrivons dans des actions collectives visant à sensibiliser l’opinion sur la précarité de certains publics. Nous sommes notamment partenaires d’ATD Quart monde dans le cadre de la journée mondiale de lutte contre la misère, ou encore du Secours catholique et Médecins du monde afin d’alerter sur les difficultés rencontrées par la jeunesse à Mayotte.

A l’occasion des grandes échéances électorales, Apprentis d’Auteuil porte un plaidoyer fort en faveur des jeunes et des familles.

Favoriser la réussite scolaire de tous

Apprentis d’Auteuil porte une vision positive de l’école du vivre ensemble qui favorise la réussite de tous les élèves, quels que soient leurs parcours et leurs profils.

Pour cela, nous défendons l’idée que le décrochage scolaire peut être prévenu en associant les parents aux choix éducatifs concernant leurs enfants dès leur plus jeune âge, en faisant entrer des partenaires extérieurs dans l’école (associations, entreprises, artistes, etc.) et en proposant des pédagogies qui valorisent toutes les formes d’intelligence et tous les talents.

C’est cette approche qu’Apprentis d’Auteuil a défendue lorsqu’elle a participé à la grande consultation organisée en 2012 par le ministère de l’Education nationale et de l’enseignement supérieur sur la refondation de l’école de la République.

Par ailleurs, Apprentis d’Auteuil a participé au pilotage du plan de lutte contre le décrochage scolaire mis en place par la direction générale de l’Enseignement scolaire (DGESCO) du ministère de l’Education nationale et de l’enseignement supérieur.

Nous avons également pu porter notre vision de l’école dans le cadre d’une audition du Conseil économique social et environnemental (CESE) pour son avis sur « Une école de la réussite pour tous« . Nous suivons de près et nous réagissons, lorsque cela est pertinent, aux différentes annonces gouvernementales concernant l’éducation, comme cela a été le cas lors de la réforme du collège en 2015.

Enfin, Apprentis d’Auteuil fait partie du comité de pilotage de l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme (ANLCI), au sein duquel la fondation mène, avec ses partenaires, des actions de sensibilisation et d’interpellation à l’égard du grand public et des décideurs, notamment chaque année à l’occasion de la Journée mondiale de l’alphabétisation, le 8 septembre.

Protéger les enfants

Les mesures de placement, contrairement aux idées largement répandues, concernent avant tout des enfants dont les parents sont submergés par des préoccupations matérielles et souvent trop isolés pour trouver des soutiens et faire face à l’éducation de leurs enfants.

Apprentis d’Auteuil lutte donc contre les préjugés à l’encontre des familles et défend l’idée qu’un enfant doit grandir, lorsque cela est possible, en lien avec sa famille, et non contre elle. Nous nous appuyons sur la Convention internationale des droits de l’enfant pour que l’intérêt supérieur de l’enfant soit toujours une priorité lors de sa prise en charge et pour qu’un réel projet lui soit proposé par les structures qui l’accueillent. C’est cette vision de l’accompagnement en protection de l’enfance qu’Apprentis d’Auteuil défend auprès des pouvoirs publics.

  • Nous avons porté ces convictions en faveur des enfants confiés aux services de l’Aide sociale à l’enfance et de leurs parents par le biais d’auditions et de contributions auprès des ministères dans le cadre de la loi sur la famille (Ministère délégué à la famille) et de la loi sur la protection de l’enfance (secrétariat d’Etat à la Famille, à l’Enfance, aux Personnes âgées, et à l’Autonomie).

Dans le cadre de cette proposition de loi, la fondation a publié un document commun avec la fondation Action Enfance et le Centre français de protection de l’enfance afin notamment qu’un vrai projet personnalisé pour l’enfant soit mis en place dans cette loi.

A l’occasion d’un dialogue entre le président de la République et des jeunes Français au CESE en avril 2015, Mathieu, ancien de la fondation, a interpellé le président sur le contrat jeune majeur. Cette parole forte d’un jeune d’Apprentis d’Auteuil a donné lieu à un amendement du gouvernement à la proposition de la loi relative à la protection de l’enfant en faveur du contrat jeune majeur.

Dans ce contexte, nous portons une attention toute particulière aux mineurs non accompagnés et nous prenons la parole publiquement pour un accompagnement adapté à leur histoire et leurs besoins.

Apprentis d’Auteuil défend régulièrement la parole des mineurs non accompagnés par le biais d’interpellations publiques.

Réaffirmer le rôle éducatif des parents

Tel que le stipule la convention internationale des droits de l’enfant, les parents sont les premiers éducateurs de leurs enfants. Ainsi, pour Apprentis d’Auteuil, l’accompagnement à la parentalité est une composante indissociable de tout travail avec les enfants et les adolescents.

Dans une logique de prévention, d’émancipation des parents et de réussite des enfants, Apprentis d’Auteuil défend l’idée que les parents doivent être associés aux choix éducatifs concernant leurs enfants, quel que soit leur âge.

Nous portons également des préconisations en faveur des parents les plus vulnérables et notamment, des familles monoparentales : financement de lieux d’échanges et de soutien entre parents (à l’image de nos maisons des familles), création de places supplémentaires en crèches pour les familles défavorisées, etc.

  • A ce titre, Apprentis d’Auteuil a participé en 2015 à la concertation nationale « Au tour des parents » initiée par le ministère de la Famille et a ainsi proposé des mesures en faveur de l’accueil des jeunes enfants et de la parentalité.

Nous avons souhaité alimenter le débat autour de l’accompagnement à la parentalité en organisant en 2014 un colloque intitulé « accompagner les parents, est-ce gouverner les familles ? », réunissant sociologues, personnalités politiques et professionnels du travail social.

Par ailleurs, nous avons réagi aux annonces gouvernementales concernant les prestations sociales à destination des familles les plus vulnérables. Aux côtés notamment d’ATD Quart monde et du Secours catholique, nous nous sommes opposés à plusieurs projets de loi instaurant la suppression des allocations familiales pour les parents dont les enfants sont placés, ces mesures risquant selon nous de fragiliser les familles et de confisquer leur statut aux parents.

Faciliter la formation et l’insertion professionnelle

Apprentis d’Auteuil est convaincu que tout jeune a droit à l’échec à un moment de son parcours, et qu’il peut réussir quels que soient ses capacités et ses talents.

Pour cela, nous défendons l’idée que pour remobiliser les jeunes en difficulté ou en décrochage, il faut leur proposer des réponses personnalisées. Nous portons un certain nombre de recommandations auprès des pouvoirs publics visant à proposer une meilleure insertion des jeunes fragilisés :

  • multiplier les dispositifs de remobilisation type garantie jeunes
  • simplifier le cadre de la formation professionnelle
  • rendre les passerelles plus flexibles entre voie scolaire et voie professionnelle.

Apprentis d’Auteuil a présenté à plusieurs reprises ses convictions sur l’insertion des jeunes, notamment lors du forum Convergences de 2013 dans le cadre d’un débat sur « l’insertion sociale et professionnelle des jeunes dans le monde » ou encore par le biais de réactions aux annonces gouvernementales relatives à l’emploi des jeunes.

Défendre les droits de l’enfant dans le monde

En tant que fondation œuvrant en faveur de l’enfance et de la jeunesse, nous nous appuyons sur la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE) dans nos prises de parole, et nous nous associons à d’autres acteurs pour en assurer la promotion.

Nous avons notamment organisé en 2014 une table ronde à l’occasion des 25 ans de la signature de la CIDE pour proposer une réflexion et des solutions en faveur du plein exercice de ces droits par les enfants eux-mêmes.

La fondation est par ailleurs partenaire du BICE, bureau international catholique de l’enfance, dans le cadre du festival Enfances dans le monde, qui a lieu tous les ans afin de célébrer la Journée mondiale des droits de l’enfant (20 novembre).

  • A l’occasion de l’audition de la France par le Comité des droits de l’enfant de l’ONU, la fondation s’est associée à l’Unicef, à Citoyens et Justice, à la CNAPE, à Hors la rue, à l’UNIOPSS, à l’UNAF et à l’UNAPEI afin de présenter deux rapports remis au comité d’experts.

Nous accordons une attention particulière aux jeunes d’outre-mer, dont les problématiques ne sont pas les mêmes que celles des jeunes métropolitains. Ainsi, avons nous alerté les décideurs politiques et le grand public sur la situation de la jeunesse à Mayotte, dont les besoins en termes d’éducation, de logement et de protection sont immenses.

En tant que membre français du réseau européen Eurochild (réseau d’associations œuvrant en faveur des droits de l’enfant), nous nous associons à des actions de plaidoyer visant à une meilleure prise en compte de la CIDE et des besoins des enfants dans la législation européenne.

Enfin, grâce à son accréditation à l’ONU à Genève, la fondation a pu prendre la parole aux côtés de ses partenaires internationaux dans le cadre de l’Examen périodique universel de l’ONU. Ces occasions nous ont permis de porter la voix des enfants et des familles de Madagascar, de République démocratique du Congo, et du Liban.

Plaidoyer pour la jeunesse en difficulté

En novembre 2011, Apprentis d’Auteuil publie « Plaidoyer pour la jeunesse en difficulté : l’urgence d’agir ».

Remis aux candidats à l’élection présidentielle de 2012, ce plaidoyer sonne l’alerte sur la gravité de la situation des jeunes les plus fragiles mais aussi de leur famille.


1975 : ACCUEIL DES PREMIERS MINEURS NON ACCOMPAGNÉS À LA FONDATION

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Aujourd’hui, Apprentis d’Auteuil accueille près de 1000 jeunes étrangers, des mineurs non accompagnés fuyant les conflits, la misère et l’exploitation. À l’occasion de son 150e anniversaire, retour sur une des grandes étapes de l’évolution de la fondation : l’arrivée des premiers jeunes venus d’Asie, dans les années 1970.

Mars 1975. Le régime du Sud Viêt Nam s’effondre. Des milliers de personnes quittent leur pays sur des embarcations de fortune, phénomène médiatisé sous le nom « boat people ». Devant le drame qui se joue en mer, des associations se créent et organisent des missions humanitaires. Sans mandat explicite des services de protection de l’enfance, uniquement mû par sa tradition d’accueil aux plus démunis, Apprentis d’Auteuil ouvre ses portes à des enfants et à des adolescents venus du Viêt-Nam, du Laos, du Cambodge. Un engagement qui rappelle celui de l’abbé Roussel en 1884 (1) : « Notre établissement d’Auteuil a toujours été un asile essentiellement cosmopolite. Nous y avons déjà vu passer à peu près toutes les nations de l’univers et nous n’éprouvons pas plus d’étonnement en recevant un Chinois ou un Canaque qu’en accueillant un Breton ou un Berrichon. » Cet accueil de jeunes du sud-est asiatique se poursuit jusqu’à la fin des années 1980.

Un nouveau tournant est pris en août 2001, quand les services de l’Aide sociale à l’enfance de Paris demandent à la fondation d’accueillir en urgence douze jeunes Roumains. « La représentation que nous avions alors de ces jeunes, c’est l’enfant dans la rue qui se nourrit des poubelles, explique François Content, alors directeur général d’Apprentis d’Auteuil (2). Cela rejoignait d’une manière extrêmement forte les origines de la fondation. La réponse était oui, évidemment. » Les établissements Notre-Dame, dans l’Eure, les accueillent, réalisent des bilans de santé, leur apprennent le français, réfléchissent à leur avenir. D’autres jeunes, roumains puis chinois, dont certains étaient victimes de prostitution, suivent.

En 2006, avec de nouvelles lois en matière d’immigration, une reconduite à la frontière pour les plus de 18 ans devient possible. Fidèle à sa parole et à son projet, la fondation réaffirme devant les autorités sa volonté d’aller au terme de leur formation. Aujourd’hui, un millier de Mineurs non accompagnés (3) sont accueillis et accompagnés dans différents dispositifs d’Apprentis d’Auteuil, au titre de la protection de l’enfance et de la Convention internationale des droits de l’enfant. « La fondation travaille étroitement avec les pouvoirs publics, comme avec ses partenaires nationaux et internationaux sur ces problématiques complexes, conclut Nicolas Truelle. Et continue à s’engager auprès de ces jeunes, pour qu’ils puissent envisager leur avenir avec confiance. »

(1) La France illustrée
(2) A l’écoute n°165 (décembre 2008-janvier 2009)
(3) Anciennement appelés Mineurs isolés étrangers